Une décennie de changements radicaux et une décennie d’opportunités pour les jeunes.

Marianne Mensah, enseignante sur les sujets du climat dans l’enseignement supérieur apporte aux auditeurs du podcast 3 grandes recommandations pour intégrer les enjeux climatiques dans leurs reflexions de métiers et d’études.

1. S’informer sur les grands enjeux de demain pour la planète. Notre société rencontre des défis qu’il faut anticiper car ils influenceront le marché de l’emploi

2. Identifier les nouveaux métiers, les green jobs qui vous intéressent

3. Rencontrer le plus de personnes possibles qui exercent ces métiers ou qui s’y intéressent et faire partie de réseaux.

Perrine : Pouvez-vous préciser ce que veut dire « anticiper les défis de demain » ?

Marianne : Notre société amorce une période de transformation accélérée dans laquelle tous les enjeux économiques, sociétaux et environnementaux vont exercer une influence décisive sur l’emploi. Ces grands enjeux sont représentés par les 17 Objectifs de développement durable qui constituent la feuille de route pour l’humanité à l’horizon 2030. Ces 17 Objectifs qui couvrent des enjeux comme le changement climatique, la biodiversité, les océans, la lutte contre la pauvreté, la consommation et la production durable, l’innovation par exemple.  

La plupart des jeunes ont entendu parler de ces enjeux mais ne sont pas nécessairement bien informés. C’est ce que montre une enquête IPSOS commanditée par le Collège de France l’année dernière. 79% des jeunes sont intéressés par le changement climatique, mais 46% ne connaissent pas bien l’expression « gaz à effet de serre ». Le résultat, c’est que les jeunes sont anxieux, mais ne savent pas comment aborder ces sujets. Or le meilleur remède contre l’éco-anxiété, c’est l’action. 

D’ores et déjà, les institutions publiques, les entreprises se mobilisent face à ces enjeux et vont avoir besoin des compétences sur le climat et le développement durable. 

L’Europe a adopté le Pacte Vert ou Green Deal, un programme de 600 milliards d’Euros qui vise à faciliter la transition écologique et la neutralité carbone d’ici à 2050. Il couvre la transition énergétique, l’économie circulaire, la protection de la biodiversité, une alimentation saine et durable entre autres, un plan zéro pollution. Il s’accompagne d’un ensemble de lois qui vont transformer en profondeur le système économique. 

Donc concrètement, mon conseil aux lycéens est d’identifier un enjeu qui les intéresse et de s’informer sur les changements à venir sur le site de l’ADEME, des Objectifs du Développement Durable et du Pacte Vert. 

Par exemple, je m’intéresse à la ville et à l’architecture. En analysant ce sujet, je m’aperçois que réintroduire la nature en ville constitue un enjeu majeur pour les villes de demain. C’est un moyen de réduire l’impact du changement climatique qu’il s’agisse de vagues de chaleur ou d’inondations.  

Un autre exemple, sur la consommation et la production durable. Je m’intéresse à la mode.  Je m’aperçois que la réduction de la pollution des industries textile est un enjeu très important. Un autre exemple : je m’intéresse à l’ingénierie et à l’énergie du futur. Je m’aperçois que l’hydrogène vert jouera un rôle important dans le mix énergétique.

Perrine : Comment rattacher ces enjeux à des métiers et des formations ?

Marianne : Tous les métiers sont concernés. Quand je choisis une formation pour un métier aujourd’hui, je dois me demander comment évoluera ce métier dans 10 ans, lorsque notre société aura diminué ses émissions de gaz à effet de serre de moitié. Je peux aussi me demander comment mon métier sera affecté par les impacts du changement climatique. 

Les Nations Unies prévoient la création massive d’emplois verts dans cette décennie. Les emplois verts sont ceux qui contribuent à la préservation ou à la restauration de la planète. Ils concernent particulièrement l’efficacité énergétique et l’efficacité dans l’utilisation des ressources, la réduction des émissions de gaz à effet de serre, l’élimination des déchets et de la pollution, la protection et la restauration des éco-systèmes et de la santé, l’adaptation au changement climatique. 

En France, la loi climat oblige déjà les entreprises à anticiper les emplois et les compétences qui seront nécessaires pour la transition écologique. Nous pouvons anticiper ces changements, nous demander comment rendre nos métiers bénéfiques pour la planète et être force d’innovation. Par exemple, si je veux être architecte, comment puis-je contribuer à la renaturation des villes, je vais cibler des écoles d’architecture qui abordent ce sujet. Si je veux travailler dans la mode, comment puis intégrer une entreprise qui réduit les polluants, économise les ressources en eau et en énergie, promeut une juste rémunération de ses employés. Si je veux devenir ingénieur, je peux cibler une école qui prépare aux métiers de l’hydrogène vert. 

Il faut identifier les entreprises et les écoles partenaires de ces entreprises. Les initiatives comme celle du Impact ranking du Times Higher Education liste les universités en fonctions de leur engagement sur les Objectifs de Développement Durable. En France, il y a aussi des classements comme celui des Echos sur le top 15 des écoles d’ingénieurs en matière de développement durable. Les étudiants peuvent aussi regarder les universités et les écoles qui font partie de l’accord de Grenoble qui prend des engagements forts en matière de changement climatique que ce soit en matière de réduction des émissions de CO2 ou d’intégration du changement climatique dans les programmes. 

Il faut aussi mentionner l’importance de l’entreprenariat. Les solutions aux grands enjeux représentent des opportunités pour les jeunes de créer leur propre entreprise innovante. On peut aussi se former sur ces sujets grâce à des formations gratuites sur le site de l’ADEME, l’agence de la transition écologique ou de l’UVED (l’Université Virtuelle Environnement et Développement durable).

Perrine : Et votre 3ème conseil concernant les réseaux ?

Marianne : Dans une phase d’accélération des changements comme celle que nous connaissons, il est indispensable de faire partie de réseaux qui facilitent notre accès à l’information et à la connaissance. Ce réseau peut être constitué d’élèves et de professeurs dans les écoles ou les universités, mais il peut aussi être extérieur. Par exemple, le REFEDD, le Réseau Français des Étudiants dans le Développement Durable mène des projets dans ce domaine. Chaque secteur a son réseau. Dans le développement durable et la lutte contre le changement climatique, la conduite de projets en équipe est très importante. Elle permet d’appréhender les enjeux au niveau local et de surmonter les barrières de l’éco anxiété et de la complexité qui sont souvent des freins dans l’engagement sur ces sujets de développement durable et de changement climatique.

Perrine : Pour conclure ?

Marianne : Je voudrais dire que cette décennie est pleine de défis mais aussi pleine d’opportunités pour ceux qui auront l’audace de suivre leur désir de contribuer à un monde meilleur. Les défis d’aujourd’hui sont des occasions d’imaginer des solutions et d’innover. Pour cela, les étudiants ne doivent pas hésiter à faire preuve de créativité même s’ ils sont dans des filières scientifiques, technologiques ou économiques. Car la créativité joue un rôle essentiel dans l’innovation et l’adaptation à un monde en pleine transformation. Une double formation qui développe des compétences scientifiques et des compétences de créativité est certainement un plus à moyen terme.

Voici les liens avec les principales sources d’informations citées dans le podcast:

https://www.ecologie.gouv.fr/ODD

Un pacte vert pour l’Europe

ADEME

UVED

Retrouvez les autres épisodes de la série Questions d’orientation

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Stress, déception, sentiment d’échec, l’orientation est le plus souvent associée à des émotions négatives. Pourtant choisir son avenir devrait être un moment excitant qui rapproche parents et lycéens.

Pour vous aider à y parvenir, Azimut vous parle dans cet épisode d’orientation positive.

En matière d’orientation que constatons-nous ?

Les discours sur l’orientation se focalisent sur les notes et les classements des écoles. Cela a deux conséquences selon le profil des jeunes.

–   Les très bons élèves se sentent obligés de viser le top 10, sans s’interroger sur leurs motivations réelles. Ils font ce qu’ils doivent faire, ce que l’on attend d’eux.

–   Les élèves moins brillants quant à eux ne pensent qu’en termes de portes qui se ferment : « je n’ai pas le niveau en maths », « je n’ai pas gardé la bonne spé »…, « pas la bonne mention »…  Ils font ce qu’ils peuvent faire, ce qu’on leur permet de faire.

Dans les deux cas ils ne choisissent pas vraiment. A 17-18 ans, l’âge de tous les possibles, ils mettent tous leurs rêves en sourdine et cherchent dans quelle case ils peuvent/doivent rentrer.

Pourtant, rappelons-le, les études ne sont pas une fin en soi, elles ne sont qu’un moyen d’atteindre leurs objectifs.

C’est là que l’orientation positive peut changer la donne.

Qu’est-ce que l’orientation positive ?

Ce terme, popularisé en France par la spécialiste de l’orientation Isabelle Servant, applique à l’orientation les apports de la psychologie positive.

Cette nouvelle branche de la psychologie s’intéresse aux gens heureux. Elle étudie scientifiquement comment fonctionnent les personnes qui réussissent tout en étant épanouis.

Quelles leçons tirer de l’orientation positive ?

-Aider les jeunes à se connaitre, à avoir confiance en leurs capacités même si elles ne semblent pas rentrer dans les cases.

– Les inciter à choisir leur formation en fonction de leurs besoins et de leurs envies. C’est ce qui garantit qu’ils s’y épanouiront mais aussi qu’ils y performeront.

– Parler de pistes d’orientation plutôt que de voie unique. Leur montrer qu’il existe toujours plusieurs options pour rebondir, c’est les préparer à surmonter les obstacles qu’ils peuvent rencontrer.

Pour résumer, la prochaine fois que vous parlerez d’orientation avec votre enfant :

–   au lieu de penser à ce qui lui manque, valorisez ce qu’il a

–   encouragez-le à cerner et exprimer ses besoins

–   rassurez-le en lui disant que toute sa vie ne se joue pas sur ce choix

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épisode proposé par Marina Ribadeau Dumas

Cet épisode répond à la question : Une année de césure, pour quoi faire?

Les motivations pour faire une année de césure sont multiples. Nous présentons 5 screnarii.

Il faut savoir que l’année de césure est une expérience qui est valorisée dans le CV.

En fonction de l’expérience vécue, elle montrera certains traits de caractère. Les compétences acquises seront aussi développées et illustrées. Cela rendra encore plus attractive la candidature pour des stages, voire leur premier poste. 

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Cet épisode est proposé par Martine LOLOM

Cet épisode répond à la question : Et si je me trompe dans mes études ?

La peur de se tromper résulte de l’anticipation d’un danger à venir et c’est cette anxiété qui rend l’indécision inconfortable.
Nous abordons les deux principales croyances contribuent à alimenter l’anxiété liée à l’indécision en orientation et exposons trois propositions pour revisiter ses croyances, et aborder l’indécision de manière plus sereine, voire s’en faire une alliée pour l’avenir.

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Cet épisode est proposé par Laurence COIFFARD

Cet épisode répond à la question : Parents, adolescents, mais pourquoi parler orientation peut nous mettre en colère ?

La période des choix d’orientation en fin de collège ou de lycée peut donner lieu à des émotions plus ou moins vives en famille.

Mais finalement, ces émotions n’auraient elles pas des messages pour nous ?

A travers deux situations nous abordons les raisons possibles de la colère et les messages qu’elle véhicule.

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Cet épisode est proposé par Laurence COIFFARD