Parmi les caractéristiques psychologiques des jeunes à haut potentiel intellectuel, il en est une qu’il est très important de prendre en compte dans une réflexion sur l’orientation parce qu’elle peut avoir un impact réel sur le bien être au travail futur. Il s’agit de leur rapport à l’autorité ou à la hiérarchie.

Il n’est pas rare que les élèves ou étudiants à haut potentiel intellectuel connaissent des difficultés dans le cadre des relations hiérarchiques. Ce n’est pas un parti pris volontaire, ce n’est pas non plus une opposition idéologique aux relations de pouvoir. Cela s’explique par leur mode de fonctionnement.

Les personnes à HPI se caractérisent par un fort attachement à leurs valeurs et à la justice.

Cette grande exigence peut les conduire à être perçus comme intransigeants, manquant de souplesse et les mettre en situation de conflit avec une autorité ne répondant pas à leurs critères moraux.

À cela s’ajoute un irrépressible besoin de comprendre.

Les personnes à haut potentiel s’interrogeront à propos de la cause de telle ou telle décision. Si la raison pour laquelle un ordre ou une consigne a été donné ne lui paraît pas justifiée, le jeune à haut potentiel risque de la critiquer, de ne pas vouloir l’appliquer ou de se désengager. C’est ce qui donne souvent aux lycéens ou étudiants HPI l’image de personnes rebelles ou rétives à l’autorité.

Une autre caractéristique rend la vie des jeunes HPI parfois un peu compliquée, leur besoin de précision et de justesse dans la définition des choses, dans le choix des termes.

Cela les rend parfois un peu difficiles à comprendre, ils peuvent être perçus comme excessivement focalisés sur des points de détail, ce qui peut rendre leur participation à un groupe compliquée, a fortiori si le groupe repose sur un fonctionnement hiérarchique.

Le problème n’est en réalité pas qu’ils refusent l’autorité. Mais plus encore que les autres, ils ont besoin de sentir que la personne qui est en position hiérarchique est compétente et légitime. La personne à HPI a besoin de reconnaître la légitimité de son supérieur pour travailler correctement avec lui.

Il est très important que l’étudiant HPI ait ces éléments en tête lors de ses études et plus encore lors de sa recherche d’emploi.

Il devra se poser la question de savoir s’il sera prêt à travailler dans une organisation très structurée et hiérarchisée. Il pourra avoir intérêt à se tourner vers des entreprises mettant en avant un management horizontal, ou permettant une grande autonomie ou encore envisager de créer sa propre entreprise.

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Cette série d’épisodes est proposée par Denis BODAR

Qu’est ce que la multipotentialité ?

La multipotentialité est une caractéristique psychologique qui est apparue en 1972 dans les travaux des psychologues Ronald H. Frederickson et John Watson Murray Rothney.

Ce terme est utilisé pour caractériser les personnes capables d’exceller dans deux champs différents ou davantage.

Les multipotentialistes s’opposent aux spécialistes qui n’excellent que dans un seul champ.

Les personnes HPI sont très largement associées à ce trait psychologique, elles ont une quantité de centres d’intérêt beaucoup plus importants que les autres personnes.
Elles sont capables d’atteindre un niveau de compétence élevé dans chacune des activités auxquelles elles s’intéressent.

Le problème est qu’elles se lassent rapidement d’un domaine dans lequel elles ont excellé. Elles se détournent des choses une fois qu’ils ont le sentiment d’en avoir saisi l’essentiel et que la stimulation liée à la nouveauté, qui nourrissait leur soif d’apprendre commence à s’amoindrir.

Quand il s’agit de l’orientation de jeunes à haut potentiel intellectuel, il faut avoir le paramètre de la multipotentialité à l’esprit : les élèves et étudiants à HPI prennent rapidement conscience de ce trait de caractère, ce qui leur fait perdre rapidement confiance dans leur vocation. Ils se disent « Oui, je m’intéresse à ça en ce moment, mais combien de temps ça va durer ? ».


Et effectivement, la question est légitime. Il est donc important, dans la phase d’investigation, notamment lors du travail sur les centres d’intérêt de chercher à bien cibler ce qui relève de la personnalité profonde de l’adolescent.

Il faut que ces jeunes s’orientent dans des voies qui leur garantiront un renouvellement régulier des défis intellectuels et des thèmes de travail. Les personnes à haut potentiel ne seront pas des spécialistes, mais, leur capacité à explorer une discipline et les disciplines connexes, voire des domaines différents, leur donnera le talent de sortir des sentiers battus et de trouver des solutions originales.


Quand la multipotentialité semble ne pas s’exprimer

À l’inverse, la personne qui accompagne un adolescent à haut potentiel peut parfois avoir l’impression que cette multipotentialité ne s’exprime pas du tout.


Il n’est pas rare que les jeunes HPI, sous la pression sociale ou éducative, inhibent certains de leurs traits de caractère. Le jeune peut alors même donner l’impression de ne pas s’intéresser à grand-chose. Cela rend le travail sur l’orientation difficile, d’autant qu’une fois l’adolescence passée, le multipotentialiste a toutes les chances de se réveiller et l’adulte à haut potentiel de se trouver mal dans son travail.

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Cette série d’épisodes est proposée par Denis BODAR

Le syndrome de l’imposteur

Le syndrome de l’imposteur n’est pas un trouble au sens strict du terme, c’est un biais cognitif avec lequel doivent très souvent composer les personnes à haut potentiel intellectuel.

Être atteint de ce syndrome signifie tout simplement que l’on ne se croit pas à sa place, pire encore que l’on ne mérite pas ses réussites. On remet en cause la légitimité de ses résultats, on doute de la qualité réelle de ses productions, de son travail.

Certes, ce biais touche aussi une grande partie de la population non surdouée, mais les personnes à haut potentiel sont très largement concernées.

Le mode de fonctionnement

Leur mode de fonctionnement se caractérise par une pensée foisonnante, une hypersensibilité, une profonde aversion à l’injustice et un questionnement permanent. À cela s’ajoutent souvent du perfectionnisme et un grand sens du détail.
Ils ont également une capacité à travailler plus rapidement que la moyenne, une pensée puissante qui leur permet d’aborder des problèmes complexes avec aisance et un bon esprit de synthèse.

L’élève HPI peut dès lors avoir une perception de la difficulté des tâches intellectuelles différente de celles des autres personnes. C’est ce qui le conduit au syndrome de l’imposteur : il ne se sent pas légitime parce qu’il n’a pas eu de difficulté. En raison de l’absence d’effort qu’il ressent. Il suppose que si c’est facile pour lui, c’est facile pour tout le monde. Il a alors le sentiment de n’avoir pas de mérite particulier à réussir, voire d’avoir seulement eu de la chance.

Ce n’est bien entendu pas vrai.

Toutes ces caractéristiques réunies conduisent très fréquemment les personnes à haut potentiel à douter de leur légitimité et de la valeur réelle de leurs productions : « c’est facile à faire, tout le monde peut y arriver ! ».
Il est fréquent qu’au syndrome de l’imposteur s’ajoute le perfectionnisme, qui fait refuser aux élèves surdoués toute production ne cadrant pas avec leurs standards élevés. Ils peuvent alors se retrouver confrontés à un véritable blocage conduisant à l’échec.

En quoi cela peut-il poser problème dans un processus d’orientation ?

Parce que cela conduit fréquemment les jeunes HPI à se dévaloriser et à ne pas s’engager dans les formations qui leur permettraient d’exprimer tout leur potentiel, faute de se sentir légitimes. Pour cette raison, il est important que ces jeunes soient identifiés et accompagnés avec bienveillance de manière à leur permettre de donner toutes les chances à leur potentiel de s’épanouir.

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Cette série d’épisodes est proposée par Denis BODAR

Qu’est ce que le HPI ?

Avoir un haut potentiel intellectuel — HPI, cela signifie avoir un quotient intellectuel supérieur à 130 sur l’échelle de Wechsler.
Une intelligence moyenne se situe entre 90 et 109. Le maximum est de 160. Le QI moyen des Français serait de 98. Le HPI concerne 2 % de la population.

On pourrait penser qu’être HPI n’a pas d’impact sur l’orientation scolaire. Il n’en est rien, c’est au contraire un paramètre important à prendre en compte pour plusieurs raisons qui relèvent directement des particularités des personnes HPI.

Lorsque l’on parle d’élèves à haut potentiel, on pense immédiatement à ces adolescents brillants, premiers de la classe à qui tout réussit. Même si cela correspond à une partie de la réalité, c’est loin de correspondre à toutes les situations. Si les élèves à haut potentiel intellectuel se caractérisent par une grande curiosité intellectuelle et des centres d’intérêt parfois atypiques, beaucoup d’entre eux mènent une scolarité banale, voire rencontrent des difficultés scolaires, en raison de l’inadaptation de l’école à leurs caractéristiques psychologiques.

La définition de potentiel

C’est là qu’il faut se souvenir de la définition du mot potentiel pour le Larousse : Qui existe virtuellement, en puissance.

Les élèves à haut potentiel ne laissent pas toujours s’exprimer leurs capacités. Ce qui peut avoir pour première conséquence de les conduire vers des orientations où leurs besoins de stimulation intellectuelle ne sont pas remplis, les condamnant à l’ennui et à un accroissement de leurs difficultés scolaires.

Le potentiel de ces élèves pourra se révéler lorsqu’ils réussiront à être dans une dynamique de stimulation, de soutien et de restauration de leur confiance en eux-mêmes.

Malheureusement, l’orientation se construit dans notre système sur ce qui a déjà été montré et non sur des résultats potentiels.

Réfléchir à l’orientation pour un élève surdoué peut donc se révéler difficile.

L’inadaptation du système scolaire à ses besoins peut le conduire à avoir un dossier scolaire ne lui permettant pas l’accès à des formations exigeantes ou sélectives alors qu’il a tout le potentiel pour y réussir. Ce sont pourtant souvent les formations de ce type qui peuvent apporter aux élèves à haut potentiel le carburant intellectuel, la motivation et l’émulation dont ils ont besoin.

Bonne écoute!

Cette série d’épisodes est proposée par Denis BODAR

Retrouvez dans les prochains épisodes des contenus destinés à éclairer en quoi les adolescents à haut potentiel intellectuel font face à des particularités à prendre en considération lors de leur orientation. Seront abordés les difficultés scolaires, le syndrome de l’imposteur, la multipotentialité, et l’autorité.

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Cette série d’épisodes est proposée par Denis BODAR

Vous avez déjà sûrement tous entendu parler des tests d’orientation pour vous aider dans le choix de votre avenir professionnel. Mais sont-ils vraiment fiables ? Comment interpréter vos résultats ?

Que nous ayons une bonne expérience avec ou non, les tests d’orientation sont des outils très plébiscités par les professionnels de l’accompagnement.

Très longtemps, ils ont été perçus comme très limitants, c’est-à-dire qu’ils nous « enfermaient dans une case », sans possibilité d’en sortir.

La plupart des tests professionnels prennent en compte la personnalité, les valeurs, les préférences personnelles et professionnelles de chaque personne. Ce qui est important de retenir, c’est que les tests n’ont pas pour objectif de définir pour vous une voie toute tracée, mais bien de vous aider pour trouver celle-ci, tout en se rapprochant de qui vous êtes au fond de vous.

Par exemple, si vous êtes doté d’une personnalité très introvertie, il se peut que les résultats de vos tests vous orientent vers des métiers qui ne nécessitent pas une constante stimulation extérieure, mais plutôt vous orienter vers des métiers ou environnements « calmes », permettant de prendre le temps de la réflexion.

Cela ne veut bien sûr pas dire que vous n’avez pas la capacité d’exercer dans un environnement en constant mouvement, mais que tout simplement, au vu de votre trait de personnalité dominant, ce n’est peut-être la meilleure option à choisir pour votre épanouissement futur.

Néanmoins, la meilleure des solutions pour trouver sa voie est d’avant tout bien apprendre se connaître soi-même dans un premier temps, mais aussi, dans la mesure du possible de tester un métier ou rencontrer des professionnels qui exercent la ou les professions qui vous intéressent, afin de vous aider à vous projeter et à faire votre choix.

Vous l’aurez compris, les tests d’orientation restent tout de même fiables et proches de la réalité, mais ils ne sont pas une fin en soi. Ils sont là pour vous guider, vous inspirer, vous ouvrir les portes vers d’autres possibilités. Le plus important sera toujours de vous faire votre propre expérience personnelle !

Quelques exemples

• Tests payants :

https://www.centraltest.fr/solutions/atout-orientation https://www.centraltest.fr/solutions/bf5

• Tests gratuits :

https://www.letudiant.fr/test/metiers/orientation/pour-quels-metiers-etes-vous-fait.html https://www.onisep.fr/Media/Multimedia/Quiz-de-positionnement/Des-metiers-selon-mes-gouts https://www.oriane.info/je-passe-le-test-dorientation-oriane

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épisode proposé par Océane Tartarin

Nous pensons déjà bien nous connaître, mais c’est en se posant la question de « Qui je- suis ? » qu’il nous arrive parfois d’avoir des difficultés à y répondre. Alors, qu’est-ce que c’est « apprendre à bien se connaître » ?

Bien se connaître est un apprentissage continu et fait partie intégrante de votre vie d’enfant, d’adolescent, de jeune adulte et d’adulte.

Il existe pour cela, de nombreux leviers d’apprentissages sur la connaissance de soi :

L’un d’eux est d’apprendre à connaître et reconnaître ce que vous aimez : c’est-à-dire, de vous demander quelles activités vous plaisent au quotidien, comment est-ce que vous occupez votre temps libre, ou encore quels sont les sujets qui vous intéressent et vous touchent plus particulièrement.

Un autre levier est d’apprendre à bien cerner votre personnalité : est-ce que je suis plutôt d’un naturel timide ? Est-ce que j’aime passer du temps entouré(e)d’autres personnes ? Est-ce que je ressens le besoin d’être au calme régulièrement ? Ai-je besoin d’être très organisé(e) pour me sentir en sécurité ? Ai-je besoin de trouver beaucoup d’occupations différentes pour m’épanouir, ou bien simplement me passionner pour un sujet précis me correspond mieux ?

Un troisème levier et pas des moindres, peut-être même le plus important, va être d’apprendre à connaître et à reconnaître vos émotions : savoir vous écouter, écouter vos ressentis, écouter votre intuition. Cela veut dire analyser vos réactions dans une situation précise et comprendre ce qui vous bloque, vous freine, ou bien au contraire vous motive, vous enthousiasme. Les émotions sont des guides dans nos vies et nous aident à prendre les bonnes décisions pour avancer.

Il existe de nombreuses autres façons d’apprendre à bien se connaitre. Nous en détaillons certaines dans les épisodes ce ce podcast.

Pour vous aider à y voir plus clair, il existe de nombreux exercices qui peuvent vous éclairer dans votre questionnement comme les exercices de projection, les exercices d’écriture thérapeutique, les tests psychométriques. Il est également possible, se faire accompagner par un ou une professionnel(le) de l’orientation qui pourra vous aider à mieux vous comprendre, pour mieux vous aider à vous orienter dans votre vie professionnelle, mais aussi personnelle.

Vous l’aurez compris, apprendre à bien se connaître, ce n’est pas un sprint, mais un marathon !

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épisode proposé par Océane Tartarin

Terme à la mode ou véritable méthode pour apprendre à se connaître ? À travers cet épisode, nous allons aborder ensemble ce qu’est  l’introspection.

L’introspection, c’est regarder « à l’intérieur de soi », c’est prendre le temps de faire une  pause et faire le point sur qui l’on est, ce que l’on aime, ce que l’on ressent, pour mieux avancer dans notre vie personnelle et professionnelle. 

Bonne écoute! N’oubliez pas de vous abonner.

Cet épisode est proposé par Océane Tartarin